Assalamalekum Culture : Urgence de protéger les créateurs | L'Information

Assalamalekum Culture : Urgence de protéger les créateurs

ven, 06/26/2026 - 17:33

En marge du 19ème Festival Hip-Hop Assalamalekum, la filiale Assalamalekum Culture et la Plateforme Ardine ont sonné l'alarme à l'Institut Français de Mauritanie (IFM). Face au piratage numérique et à l'amateurisme, l'heure est à l'action immédiate pour sécuriser les droits des artistes.

Le Festival Assalamalekum en première ligne

Le festival ne se limite plus aux concerts. Sous la direction de Kane Limam (dit Monza), l'événement s’impose comme un espace de plaidoyer politique. Ce premier forum co-organisé avec la Plateforme Ardine, présidée par Aïcha Mint Chighali, vise à transformer l'industrie créative mauritanienne en un véritable levier économique.

Mobilisation internationale contre le pillage numérique

Face à la révolution numérique, le modèle économique de la musique est brisé. Les plateformes de streaming exploitent les œuvres des jeunes créateurs sans aucune retombée financière. Pour stopper cette spoliation, la star panafricaine Didier Awadi a lancé un appel à l'action en présentant la plateforme gratuite goclip.org, un outil d'apprentissage indispensable pour maîtriser les contrats, la distribution et la défense des droits.

L'appel des experts : passer des textes à la pratique

Bien que la Mauritanie ait adopté une loi sur le statut de l'artiste en février 2024, les acteurs de terrain dénoncent une application trop timide. L'expert sénégalais Aziz Dieng (ex-OMPI) a exhorté les autorités à réformer le système pour intégrer les créateurs aux caisses de sécurité sociale. Il a proposé son expertise gratuite pour moderniser la loi mauritanienne de toute urgence, sans frais pour l'État.

Un sursaut collectif pour l'avenir

Pour les leaders du mouvement, le changement doit venir des artistes eux-mêmes. Hameth Ly (Studios OLPAC), venu avec ses stagiaires, a rappelé qu'un artiste invité doit exiger des droits d'auteur, et non un simple billet d'avion. Aicha Mint Chighali a conclu par un message fort, appelant toute la communauté culturelle à « sortir de son long sommeil pour prendre en main son destin ».